J’apprécie beaucoup l’initiative du Quotidien de Yann Barthès, qui réclame une plus grande transparence parlementaire. Parce que, depuis l’affaire Fillon, jamais cette question n’a été plus importante. Des scandales aussi énormes nourrit la nausée du peuple à l’égard des élus. Une lassitude par ailleurs justifié, vu que ce problème est un mal récurrent, et que nos élus bloquent sans cesse tout espoir d’amélioration ! En 1995, un groupe de travail travailla sur la question, et proposa quantité de décisions afin de combattre les excès. Malheureusement, le projet fut assez tempéré. Et malgré les nombreuses affaires qui ont vu le jour, de nombreux politiques repoussent tout règlement sur le sujet ! Le groupe de travail répétait que le république est en péril dès lors que les électeurs se méfient des élus et de leur usage des deniers publiques. Une défiance qui s’est largement généralisée depuis, en raison de l’amoncellement d’affaires. Le dossier établi par ce groupe de travail soulignait notamment les ennuis qui en résulteraient pour notre République : dénigrement des élites, entrave à l’action de ces mêmes élus, et montée des extrêmes. Les élections présdentes en sont la conséquences directe. A l’occasion des débats parlementaires qui détaillèrent les idées du compte-rendu, les élus effacèrent les motions les plus importantes. Dans d’autres occasions, ils rejetèrent des suggestions ambitionnant d’élargir la transparence, comme en 2012 quand les élus de tous bords repoussèrent une réforme sur le contrôle de l’indemnité de frais de mandat ! Il faut croire que, dans l’une des plus vieilles démocraties occidentales, la moralité ne fait pas suffisamment recette pour que les réformes aillent jusqu’au bout de leur ambition.

 

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