Il y a quelques semaines, je me suis rendu en Ecosse, dans les environs d’Edimbourg. Sur place, un ami m’a convaincu de le suivre pour effectuer un vol en hélicoptère, qui nous a permis de découvrir la région à vol d’oiseau. Une expérience déjà fascinante en soi, mais qui s’est vue couronner lorsque j’ai vu apparaître sous mes yeux un chef-d’oeuvre de l’ingénierie métallique victorienne : le pont ferroviaire du Forth. Il faut comprendre qu’avec un père ingénieur passionné par la construction de ponts, j’ai été hautement sensibilisé à de telles constructions. Et celle-ci, en dehors de toute fascination, est tout simplement superbe à contempler. Ceux qui ne sont pas sensibles au génie humain dans ce domaine resteront peut-être de marbre, mais pour les autres : imaginez deux ponts parallèles qui enjambent le Firth of Forth (l‘estuaire du Forth) en son point le plus étroit, dit Queensferry Narrows. En 1129, la traversée était assurée par un bac (que David Ier d’Ecosse baptisa ainsi en l’honneur de sa mère, la reine Marguerite). Les pèlerins en route pour Saint Andrews le prenaient gratuitement. En 1883, débuta le chantier de ce magnifique pont ferroviaire, long de plus de 2,5 km. Cette manifestation éclatante du talent des ingénieurs victoriens permet, chaque jour, à plus de 200 trains d’assurer la liaison entre Edimbourg et le Nord-Est de l’Écosse. Les voies courent sur des tabliers reposant sur des piles métalliques, puis s’engagent sur trois gigantesques structures de cantilevers (chacune haute de 104 m) reliées par des éléments longs de 105 m. Cet ouvrage étonnant fut conçu par Sir John Fowler et Sir Benjamin Baker, et coûta l’équivalent de 450 millions d’euros. Au plus fort de l’activité, 4600 hommes y travaillèrent (et 100 y laissèrent leur vie, soit dit en passant). Le pont utilisa quelques 55000 tonnes d’acier et huit millions de rivets. Le dernier de ceux-ci, recouvert d’or, fut posé par le prince de Galles, le futur Édouard VII, lors de l’inauguration en 1890. L’un des titres de gloire du pont est le fait que dès que sa mise en peinture est achevée d‘un côté, elle recommence immédiatement de l’autre. Si l’hélicoptère reste à mon sens le meilleur moyen de le découvrir librement, il existe cependant des alternatives : le pont routier bâti à proximité offre de belles vues de l’ouvrage, dont peuvent profiter les automobilistes, les cyclistes et les piétons. Alors, que vous soyez à pieds, à vélo, en voiture ou en hélicoptère, ne manquez pas de le découvrir, si vous passez près d’Edimbourg. En tout cas si l’aventure vous tente, je vous laisse le lien vers le prestataire de ce baptême en hélicoptère, c’est génial à faire.

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