Alors qu’on assiste dans la région Asie-Pacifique à une concurrence de plus en plus vive dans tous les secteurs clés concernant les ressources limitées en eau douce, environ 80 à 90 % de l’ensemble des eaux usées produites dans la région sont rejetées sans être traitées et contaminent les ressources en eaux souterraines et de surface ainsi que les écosystèmes côtiers. Pour pouvoir satisfaire les futurs besoins en eau de la région et limiter la pollution, il est nécessaire que l’eau soit utilisée de façon plus efficace et que la production et l’évacuation des eaux usées soient améliorées grâce à des solutions innovantes sur le plan technique comme en matière de gestion. La population urbaine de la région a plus que doublé entre 1950 et 2000, ce qui a entraîné des besoins considérables en termes de systèmes de traitement des eaux usées supplémentaires et plus perfectionnés. Un autre défi en matière de gestion des eaux usées dans les zones urbaines est lié aux disparités socio-économiques. Les bidonvilles sont tout particulièrement mal desservis, tandis que les quartiers plus favorisés bénéficient en règle générale d’un meilleur accès aux infrastructures et aux services de gestion des eaux usées. En 2009, 30 % de la population de la région vivait dans des bidonvilles, et plus de la moitié des habitants des zones rurales, contre 25 % des citadins, n’avaient toujours pas accès à un assainissement amélioré. Pour pouvoir réduire l’écart qui existe entre la demande en eau et les réserves disponibles, il convient que davantage de cadres directeurs intégrés soient mis en place et appliqués dans la région (notamment à l’issue de consultations publiques), de façon à favoriser les économies circulaires et les initiatives en faveur de la croissance verte. Des technologies destinées à améliorer l’efficacité des ressources en eau ont été communément adoptées par la Chine, le Japon et la République de Corée. Dans ces pays, la gestion des eaux usées et la réutilisation de l’eau font à présent partie intégrante du cycle de gestion de l’eau, notamment par le biais d’incitations économiques visant à empêcher les rejets d’eaux usées et à prévenir la pollution. Ces pratiques s’accompagnent de politiques financières incitatives contribuant à la création de débouchés pour les sous-produits des eaux usées, (notamment ceux liés aux études de cas sur l’assainissement écologique menées en Inde et au Népal) qui, à leur tour, peuvent avoir des effets positifs sur l’accès aux services d’assainissement. À Singapour, le programme NEWater est rendu possible par des mesures d’incitation innovantes en matière de gestion de l’eau, adaptées aux conditions géographiques, sociales, politiques et économiques du pays. Le fait de considérer les eaux usées comme un produit dérivé désagréable issu du cycle de l’eau anthropique cède peu à peu la place à la reconnaissance de son potentiel en tant que ressource pour divers secteurs. La plupart des eaux usées sont toutefois toujours refoulées sans aucun traitement. On estime ainsi le pourcentage de rejet d’eaux usées sans traitement à 77 % pour la Thaïlande (2012), 82 % pour le Pakistan (2011), 84 % pour l’Arménie (2011) et 81 % pour le Viet Nam (2012). Le renforcement de l’efficacité de la gestion des eaux usées contribuerait à la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 dans la région.

 

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