Le premier niveau de réponse à cette question appelle à une analyse de la performance de la croissance économique du Maroc, et à la mise en perspective de ce que requiert l’atteinte de l’objectif de devenir un pays à revenu intermédiaire élevé. Le tableau suivant résume la nature du défi : pour pouvoir bénéficier d’un PIB/habitant de $10.000/an dans 25 ans, le PIB/habitant du Maroc devra croître à un rythme annualisé moyen supérieur à 5% au cours des 25 prochaines années (soit une croissance du PIB supérieure à 6% au minimum en fonction des hypothèses de croissance de la population prises en compte). Le premier niveau d’analyse ci-dessus, s’il commence à donner un premier élément de réponse, masque néanmoins la nature du défi : en effet, la performance de croissance d’un pays ne peut s’analyser ainsi de manière statique car le Maroc ne vit pas dans un vide, mais entouré de pays concurrents et compétiteurs. Pour résumer, l’analyse ci-dessus est statique car elle suppose que tout au long des 25 prochaines années, la définition d’un pays à revenu intermédiaire élevé ne changera pas. Or ceci est inexact : pendant les 25 prochaines années tous les pays continueront leur évolution. Si la théorie économique conventionnelle (modèle de croissance de Solow 4) prévoit bien que le rythme de croissance d’un pays se réduit à mesure qu’il se développe (plus exactement à mesure qu’il converge vers son plein potentiel de production , soit son optimum de production 5), on ne peut raisonnablement estimer que les pays à revenu intermédiaire élevé aujourd’hui arrêteront leur croissance. Si l’on prend ceci en compte, et en se basant sur une hypothèse (très) conservatrice de taux de croissance annuel moyen du PIB/habitant de 2% par an pour ces pays cibles (ou comparateurs), l’analyse devient la suivante : le véritable objectif du Maroc ne serait pas d’atteindre un niveau de PIB/habitant de $8.000, $10.000 ou $12.000 mais bien un niveau de PIB/habitant à minima de $12.000, $15.000 ou $18.000 6. L’objectif de croissance que le Maroc devrait donc se fixer s’élève d’un cran : le Maroc devrait dès maintenant s’engager sur un chemin de croissance lui permettant d’assurer une croissance annuelle moyenne de 7% environ du PIB/habitant pour les 25 prochaines années (voir tableau 2 ci-après), ce qui en supposant une croissance de la population à moyen terme de 1% impliquerait un taux de croissance moyen réel de l’économie marocaine de 8% par an environ (source: incentive au Maroc).

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