La fréquentation assidue du cyberespace par les jeunes amène les adultes à s’interroger et à s’inquiéter non sans fondement. Les cyberviolences sont aujourd’hui recon – nues et étudiées en tant qu’objet de recherche spéci – fique. Leur réalité reste cependant difficile à décrire préci – sément. La revue de littérature proposée par Blaya (2013) montre le flou de la notion, à l’instar de celle de violence dans l’espace présentiel. Les ancrages théoriques plu – tôt d’orientations psychologique et psychosociologique marquent l’évolution conceptuelle et se reportent sur une définition de la cyberviolence souvent considérée comme une nouvelle modalité de la violence ordinaire et comme un objet d’étude qui englobe l’ensemble des violences de l’espace présentiel et du cyberespace. Les fragilités conceptuelles portent sur la différencia – tion entre violence et harcèlement d’une part et sur l’introduction des outils du numérique comme média de l’action d’agression d’autre part. Le harcèlement est distingué de la violence ordinaire par son caractère de récurrence et de durabilité dans le temps, son orienta – tion psychologique impliquant la volonté de nuire et le déséquilibre de pouvoir entre agresseur et victime que l’on retrouve dans la «  violence  », à la différence du conflit qui oppose deux personnes à « armes égales ». L’introduction des outils du numérique rend possible une large diffusion, divulgation de contenus (images, textes) ou de propos relayés sans autorisation et sans possibilité de contrôle rétroactif individuel. Whittaker et Kowalski (2015) invitent à considérer avec prudence les tentatives de mesure des cyberviolences étant donnée la volatilité conceptuelle de la notion (laquelle engendre une variabilité des paramètres et des items retenus par les chercheurs et chercheuses) la nature des données re – cueillies, les publics ciblés par les enquêtes réalisées, qui pourraient expliquer une variation de 10% à 40% des déclarations reportées lors des enquêtes. A partir de la synthèse effectuée par Blaya (2013 : 33), on peut désigner sous la terminologie de cyberviolence  l’usage des différents outils de connexion en ligne ou par téléphone mobile dans le but d’in – sulter, harceler, humilier, répandre des rumeurs, ostraciser, exercer une coercition externe sur un individu qui ne peut pas facilement se défendre seul ou qui subit une domination.

 

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